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Tsotsi (Gavin Hood)
Rédemption
Pensez-vous que l’on ait besoin de grandes vedettes pour tourner un film supérieur ? D’un metteur en scène célèbre ? D’un budget gigantesque ? Force est de reconnaître que tout cela n’est pas nécessaire. Le réalisateur sud-africain Gavin Hood, inconnu jusqu’alors, fait un tabac dans cette histoire truculente d’un voyou du ghetto de Johannesbourg. Bien qu’à peine sorti de l’adolescence, et de visage poupin, sa brutalité ne connaît pas de limites. Il s’appelle Tsotsi (Presley Chweneyagae), et il vit une transformation personnelle lorsqu’il se fait gardien d’un nouveau-né qui a failli devenir orphelin, quand Tsotsi a tiré sur sa mère pendant un vol de voiture. Il n’y a même pas de beau paysage, bien que le film soit tourné avec de subtilité. C’est plutôt la misère noire et les cabanes en tôle ondulée du bidonville. L’interprétation nuancée de Chweneyagae l’amène, avec clarté et crédibilité, d’une sauvagerie sans pitié à une tendresse infinie.
La distribution, qui se compose d’inconnus dans les rôles des petits malfaiteurs qui sont les camarades de Tsotsi et d’autres habitants du quartier, est uniformément solide. Particulièrement émouvants sont Terry Pheto en Miriam, une jeune mère qui garde sa dignité quand Tsotsi lui fait soigner de force le petit dont il a la charge inaccoutumée, et Owen Sejake en mendiant estropié, aux yeux exorbités, qui montre à Tsotsi, avec une petite poignée de mots, que la dignité humaine n’a rien à voir avec son rang dans la société.
Non, on n’a pas besoin de vedettes, ni de réalisateur célèbre, ni de budget hollywoodien ; on a plutôt besoin d’une vision forte et claire, de talent pour la faire passer è l’écran, et de persévérance. Tsotsi est un rappel étonnant que le cinéma sublime ne connaît pas de genre.
Fondé sur le roman du même nom écrit par Athol
Fugard, Tsotsi a été le gagnant de l’Oscar du meilleur film étranger en
2005.
A l’échelle d’âmes retrouvées : 18 sur 20