Un long dimanche de fiançailles (Jean-Pierre Jeunet).
Je t’M
Une jeune femme boiteuse, un espoir qui refuse de mourir, un mystère labyrinthique, l’épouvantable horreur de guerre ; ceux-ci sont les éléments qui le réalisateur Jean-Pierre Jeunet synthétise brillament dans son nouveau film, Un long dimanche de fiançailles. Se déroulant à l’époque de la première guerre mondiale, Un long dimanche fait un fort contraste avec des grivoiseries modernes d’Amélie, mais les caractères singuliers de l’auteur n’en restent pas moins évident : les détails vifs, la cinématographie d’une exquise beauté, les notes d’ornement de fantaisie et d’humanité, comme une femme seule qui exprime son angoisse en bêlant un tuba. Surtout, il y a les yeux de biche d’Audrey Tautou, qui atteint avec Jeunet un niveau d’expressivité qui manque dans ses autres films. Jeunet et Tautou sont donc tous les deux à la hauteur de ce sujet grave et ces événements à grand spectacle. Si Amélie était un bijou étincelant, Un long dimanche de fiançailles est une mine d’or, en couleur sépia. Le don de Jeunet, c’est que l’on ne perd pas pour un instant la conscience d’un coeur qui bat.