Baise-moi  (Virginie Despentes et Coralie Trinh Tri 2000)

La vengeance est un plat qui se mange cru

Ma chatte, je ne peux empêcher les connards d’y entrer . . . je n’y ai rien laissé de précieux . . . ça va aller, on n’est jamais que des filles.

        Ainsi crache Manu (Raffaëla Anderson), maghrébine vient de subir un sauvage viol anal.  Et ainsi elle craque et déclenche, avec Nadine (Karen Bach), une prostituée mécontente, un série de délits amoral, nihiliste, plein de sexe explicite (à vu génitalement, en gros plan) et de meurtre sanglant.  Le tournage à l’air plutôt d’amateur, l’image a du grain, mais cela est perturbante à cause de son audace et son air réel.  Même Catherine Breillat dans Romance ne va assez loin vers le cru, l’hyper-violent, le choquant.  Ni peut-on écarter celui-ci sous la rubrique d’exploitation, de porno, comme un pur spectacle morbide ; le jeu est d’une qualité plus élevée, et l’histoire porte sur les personnages, pas seulement leurs aventures scabreuses.  Anderson fait une belle petite gangster, éhontée, effrénée, déséquilibrée ; sa copine est moins frappante, mais elle exprime néanmoins une certaine personnalité.  Est-il de l’art, ce film ?  En quelque sorte.  La poésie ?  Décidément pas.

Note : 5 pistes d’aterrissage sur 10

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